Comprendre
Comprendre les violences sexuelles
Mieux saisir ce qu'on appelle « violences sexuelles » et ce qu'elles laissent comme traces, pour soi-même ou pour quelqu'un que l'on accompagne.
Une réalité qui nous concerne tous.
Les violences sexuelles concernent une part vertigineuse de la population. Elles ne s'arrêtent ni au genre, ni à l'âge.
Source : Conseil de l'Europe
1 femme sur 4
est victime de violences sexuelles en Europe.
1 homme sur 6
est victime de violences sexuelles.
1 enfant sur 5
est victime de violences sexuelles avant ses 18 ans.
- 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.
- L'âge moyen des violences sexuelles dans l'enfance est de 10 ans.
- 44 % de ces violences sont des incestes (CIIVISE).
- 40 % des personnes victimes développent une amnésie traumatique.
- La durée moyenne pour libérer la parole est de 12 ans.
- Les personnes en situation de handicap, transgenres ou LGBT+ sont sur-représentées parmi les victimes.
Un traumatisme corporel et sensoriel
Les violences sexuelles réalisent avant tout un traumatisme corporel et sensoriel.
Elles produisent une « explosion » physique et psychique de la personne victime, qui devra mettre en place des mécanismes de survie — la plupart seront inappropriés à une vie harmonieuse à l'âge adulte.
C'est pourquoi il est primordial que le travail thérapeutique prenne, en priorité ou en complémentarité, en compte le soin du corps pour accompagner les personnes victimes sur leur chemin de guérison.
Sidération, dissociation, amnésie traumatique
Face à une violence sexuelle, le cerveau met en place des mécanismes de survie qui peuvent persister longtemps après les faits. Ces réactions ne sont pas un choix — ce sont des protections involontaires du psychisme.
Pendant la violence, beaucoup de personnes se figent. Le corps ne répond plus, la pensée s'arrête, on ne peut ni crier, ni se défendre, ni fuir. Cette sidération est une réaction neurologique, pas une absence de volonté. Elle empêche la mise en route des comportements de protection.
Pour survivre à l'événement, l'esprit peut aussi se « séparer » du corps : sensation d'irréalité, d'étrangeté, d'être spectateur ou spectatrice de ce qui se passe. C'est une ressource naturelle de survie. Mais une fois l'événement terminé, cette dissociation peut perdurer et devenir un handicap au quotidien.
Enfin, près de 40 % des personnes victimes ne se souviennent pas, ou que partiellement, des violences subies. Ce n'est pas un oubli : c'est une protection mise en place par le cerveau pour rendre la survie possible. Les souvenirs peuvent revenir des années plus tard, souvent par fragments, déclenchés par un détail (une odeur, un lieu, un mot). On parle alors d'amnésie traumatique.
Informer · sensibiliser
« La réalité des violences sexuelles »
L'association Soigner • Vivre • Sourire organise régulièrement des séances d'information et de sensibilisation « La réalité des violences sexuelles ». D'une durée de 1 ou 2 jours, elles s'adressent aussi bien au grand public qu'aux professionnels de santé.
L'objectif est de mieux connaître ce que sont les violences sexuelles et leurs impacts tout au long du parcours de vie des personnes qui les subissent. À partir de différents prismes — définition, chiffres, témoignages, aspects social, judiciaire, physiologique, psychologique — la sensibilisation explore ce que sont ces violences.
Ces séances constituent le pré-requis pour participer ensuite aux formations dédiées aux professionnels : médecins, psychiatres, sages-femmes, infirmières, psychologues, kinésithérapeutes, thérapeutes, enseignants, gendarmes, éducateurs, travailleurs sociaux, juristes, avocats, etc.